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Les algues bleues, un type de cyanobactéries qui fait beaucoup parler de lui cet été.
Photo : Robert Mailloux, archives La Presse
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Denise Proulx
Agence Science-Presse
À l’heure de la frénésie qui parcourt le Québec au
sujet des cyanobactéries, une entreprise montréalaise, BIOphage PHARMA,
offre la possibilité de mesurer la contamination de l’eau en moins de
24 heures.
Un autre avantage non négligeable de cet analyseur de
toxicité est qu’il élimine l’utilisation des animaux de laboratoire.
Actuellement, c’est la rapidité de la mort de dizaines de souris qui
détermine l’intensité de la contamination.
Le biocapteur permet
la détection de cyanobactéries via un signal qui contrôle les flux de
courants électriques. La méthode de mesure est simple à utiliser par le
personnel des municipalités ou des Directions de Santé publique. Il
s’agit de brancher au biocapteur PDS-16 —de la taille d’un ordinateur
portable— un plateau de la taille d’un MP3. Ce plateau est divisé en
huit ou 16 puits, au fond desquels se trouve une micro-électrode en or,
un métal conducteur d’électricité. L’utilisateur remplit chacun des
puits d’échantillons d’eau pris en différents endroits et y ajoute des
cellules de mammifères en bonne santé, produites en laboratoire, pour
mimer l’effet d’un élément toxique sur la vie humaine ou animale.
S’il
y a des toxines, les cellules meurent et le courant circule entre les
électrodes. Mais s’il n’y a aucun élément toxique, les cellules
bloquent le passage du courant entre les électrodes, parce qu’elles
jouent le rôle d’un isolant avec leurs membranes : on mesure alors
cette augmentation de la résistance du courant. Si le blocage de
courant est partiel, la toxicité est faible et peut même être
acceptable, dépendamment des normes en vigueur.
Le type de
test rendu possible par le biocapteur dépasse le cas des
cyanobactéries. Il peut détecter toutes les toxines pouvant se
retrouver dans l’eau, notamment celles engendrées par les pesticides,
par les métaux lourds ou par les nanoparticules. « Ce biocapteur permet
de détecter la toxicité de ce qui est actuellement connu ou de faire
avancer des découvertes dans le milieu scientifique », précise Dr
Béatrice Allain, directrice Recherche et Développement chez BIOphage
PHARMA. De plus, le biocapteur peut effectuer un autre type d’essai ne
nécessitant même pas la présence de cellules de mammifères : ce peut
être pour évaluer la qualité de l’eau potable ou encore les jus et le
lait. Enfin, il précise le degré de résistance de ces bactéries aux
antibiotiques.
Consciente de l’inquiétude vive des citoyens
aux prises avec un délai d’attente de sept jours, Mme Allain tend la
main : « à court terme, les municipalités et les directions de Santé
Publique peuvent également s’adresser à nous pour faire faire des tests
de toxicité dans nos laboratoires », dit-elle.
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